Highguard : un FPS free-to-play ambitieux mais difficile d’accès
Highguard, le nouveau hero shooter en 3v3 développé par d’anciens créateurs d’Apex Legends et Titanfall, propose une formule hybride audacieuse qui mélange extraction, siège et FPS tactique. Malheureusement, cette complexité initiale risque de freiner son adoption.
L’Essentiel en Bref
- Quoi ? : Un FPS free-to-play en 3v3 qui combine phases d’exploration, loot et siège de bases
- Plateformes : Disponible sur PC via Steam
- Modèle économique : Gratuit avec boutique cosmétique uniquement, sans pay-to-win
- Le détail clé : Développé par Wildlight Entertainment, studio fondé par des vétérans d’Apex Legends, Titanfall et Call of Duty
Un concept original trop complexe pour un free-to-play
Highguard mise sur une formule inédite qui ne ressemble à aucun autre hero shooter du marché. Chaque match se déroule en trois phases distinctes : préparation et renforcement des murs de base, exploration d’une zone partagée avec système de loot et d’économie, puis assaut final avec destruction d’obstacles et pose de bombe.
Cette approche hybride, qui emprunte simultanément à Rainbow Six Siege, Counter-Strike et aux battle royale, représente un pari audacieux. Trop audacieux, peut-être. Les premiers pas dans le jeu sont particulièrement rudes, nécessitant un apprentissage conséquent pour comprendre la boucle de gameplay, maîtriser le roster de Wardens (les héros) et assimiler les mécaniques économiques.
Le principal problème réside dans cette sensation de "plusieurs jeux en un". Les joueurs appréciant les fusillades dynamiques lors de l’exploration peuvent détester la gestion des murs pendant les sièges, tandis que les amateurs de phases tactiques trouveront l’exploration trop vide sur des cartes surdimensionnées pour seulement six joueurs.
Des déséquilibres qui fragilisent l’expérience
Le choix du format 3v3 illustre parfaitement les contradictions du titre. Si ce nombre de joueurs paraît logique pour les phases de siège et les synergies entre héros, il crée une sensation récurrente de vide lors de l’exploration. Les cartes semblent trop vastes, obligeant les équipes à courir dans des zones désertes.
Le système d’armures et d’économie de loot peine également à convaincre. Basé sur la collecte de ressources dans des coffres et auprès de minerais, il demande d’assimiler une logique complexe dont les bénéfices restent difficiles à percevoir en jeu. Les écarts de puissance entre équipements ne sont pas assez marqués pour justifier le temps passé à farmer.
Les phases de siège souffrent quant à elles d’un problème d’échelle. Les bases sont trop grandes pour permettre une gestion efficace des murs destructibles, surtout avec seulement trois joueurs par équipe. Certains Wardens spécialisés dans la réparation ou la destruction d’obstacles se retrouvent rapidement dépassés.
Malgré ces défauts, les sensations de tir restent excellentes, héritées de l’expérience des développeurs sur Apex Legends. Les déplacements sont fluides, les montures bien intégrées, et les options de téléportation vers les bases ou de choix du point de réapparition facilitent le flow des parties.
Une identité visuelle qui manque de caractère
Sur le plan esthétique, Highguard évite les clichés du genre sans parvenir à se démarquer. Si le character design des Wardens s’avère réussi, l’univers global ne laisse aucune impression marquante. L’absence de lore développé nuit à l’attachement aux personnages, là où Apex Legends avait brillamment exploité l’univers de Titanfall dès son lancement.
Les quelques dialogues entre héros pendant les matchs ne suffisent pas à compenser ce manque de profondeur narrative. Techniquement, le tableau est mitigé : optimisation perfectible avec des chutes de FPS occasionnelles, textures qui tardent à s’afficher, et certains visuels étrangement flous. Les choix techniques anti-triche ont par ailleurs causé des problèmes de performance chez une partie des joueurs PC.
Le contenu au lancement reste néanmoins correct avec plusieurs grandes cartes, différentes bases modulant les phases d’assaut, un roster de Wardens déjà étoffé et une feuille de route 2026 prometteuse.
Reste à savoir si Highguard parviendra à fidéliser suffisamment de joueurs pour survivre dans un marché saturé, ou si sa complexité initiale aura raison de ses ambitions avant même que la communauté ne développe ses premières stratégies compétitives.
