
Une île, des cannibales et une base à bâtir entre amis
Un hélicoptère s'écrase sur une île peuplée de cannibales et de mutants, et il faut monter un camp avant la nuit. Construction libre, grottes très sombres et coopération font de Sons Of The Forest l'un des meilleurs jeux de survie à plusieurs. Les bugs et l'optimisation inégale pèsent sur l'ensemble, mais à 8,40 € le risque reste mince.
Fiche technique
| Développeur | Endnight Games Ltd |
| Éditeur | Newnight |
| Date de sortie | 22 février 2024 (version 1.0, après un accès anticipé lancé en février 2023) |
| Plateformes | PC (Windows) |
| Modèle économique et prix | Payant, 8,40 € |
| Genre | Survival-horror en monde ouvert (action, aventure, simulation) |
| Modes de jeu | Solo, multijoueur, coopération en ligne |
| Langues | Interface disponible en français |
| Avis Steam | Très positives, 88 % sur 321895 avis |

C'est quoi, ce jeu ?
L'histoire commence par le crash d'un hélicoptère envoyé à la recherche d'un milliardaire disparu. Le joueur se retrouve isolé sur une île contemporaine avec un autre survivant, entre forêts, plages, montagnes, bunkers et réseaux souterrains. Cannibales et mutants rôdent partout, et les grottes cachent ce qui permet d'avancer.
Le ton oscille entre survie réaliste, horreur corporelle et absurde, surtout quand les ennemis et les compagnons réagissent de façon imprévue. L'île change avec les saisons, et le monde continue d'exister en dehors des objectifs principaux. Endnight Games présente le titre comme la suite plus ambitieuse de The Forest, avec une liberté de construction et d'émergence plutôt qu'une progression linéaire.
Le jeu est plus systémique que scénarisé. La narration existe, mais elle s'intègre mal aux activités de survie.

Comment ça se joue
La boucle tient en quelques gestes. On ramasse du bois, des pierres, des plantes et de la nourriture, on fabrique des outils, on installe un camp, puis on descend dans les grottes et les bunkers chercher les objets qui débloquent la suite. Les retours à la base sont fréquents pour stocker et préparer l'équipement.
La construction est le moteur du jeu. Cabanes, plateformes, pièges et défenses se montent de façon modulaire, et le camp se modifie tout au long de la partie. À plusieurs, les tâches se répartissent : l'un abat des arbres, l'autre explore, un troisième agrandit la base. Kelvin, le compagnon muet, peut se charger de la collecte, et Virginia peut rejoindre le joueur au combat. Il vaut mieux garder un œil sur ces PNJ, car leur position et leur comportement souffrent de bugs.
La survie repose sur la faim, la soif et la gestion des ressources. Le combat se fait à l'arme blanche, aux armes à feu ou à distance contre des ennemis capables d'observer et de réagir. Sons Of The Forest est un jeu d'action autant qu'un jeu de simulation de survie, alors que Green Hell penche davantage vers la simulation pure, avec ses affections physiques et sa gestion détaillée du personnage.
Le début est efficace : le crash, la recherche de ressources et les premières attaques donnent vite une direction. La progression devient intéressante quand de nouveaux outils ouvrent des zones et permettent de descendre plus profondément sous terre. Elle plafonne ensuite, car les grandes constructions et l'équipement avancé réduisent la pression de survie. L'exploration libre peut devenir répétitive une fois les principaux secrets découverts, et Valheim reste plus lisible avec ses biomes et ses boss clairement structurés.
La prise en main des bases est rapide. Les systèmes de fabrication, les raccourcis d'inventaire et la navigation dans les grottes demandent en revanche un temps d'adaptation, car le jeu explique peu et laisse comprendre plusieurs mécaniques par expérimentation. Bâtir un abri simple et sauvegarder avant de s'éloigner du site du crash évite les premières mauvaises surprises.
Direction artistique et technique
Le rendu mise sur un réalisme en vue subjective. Végétation dense, éclairage atmosphérique, météo et saisons donnent à l'île une présence forte. Les grottes éclairées à la lampe et la silhouette des mutants créent un contraste immédiat entre nature réaliste et horreur organique. L'ensemble rappelle The Forest, en plus riche.
Le son fait une grande partie du travail. La musique est rare et laisse la place aux silences, au vent, aux bruits de pas et aux cris des ennemis, ce qui entretient la tension sous terre. La presse relève toutefois un design sonore inégal dans l'accompagnement de certaines séquences narratives.
Les faiblesses se voient. Les animations des personnages et des ennemis restent rigides, les effets perdent en crédibilité pendant les affrontements, et des anomalies de collision ou de sauvegarde apparaissent. Le moteur est Unity, et l'optimisation est inégale : la configuration minimale demande un processeur Intel Core i5-8400 ou AMD Ryzen 3 3300X, 12 Go de mémoire vive et une GeForce GTX 1060 3 Go, avec 20 Go d'espace disque et un SSD préféré. La configuration recommandée monte à 16 Go de mémoire et une GTX 1080 Ti. Les soucis techniques sont les plus visibles en coopération et dans les bases très développées.

Durée de vie et prix
La campagne principale se boucle bien plus vite qu'une partie complète de construction et d'exploration. La durée réelle dépend de la difficulté, du temps passé sur la base et du jeu en coopération. Un joueur qui dépasse les 114 heures raconte surtout les fous rires de la construction chaotique de sa base, la gestion de Kelvin et la tension des descentes en grotte.
Un endgame de bac à sable existe, sans boucle de fin structurée comparable à celle d'un jeu-service. Quand les grands lieux sont découverts et la base bien équipée, la pression de survie retombe.
Le jeu coûte 8,40 €, en achat unique. Il n'y a ni abonnement, ni microtransactions, ni progression payante. Le rapport contenu/prix est très favorable, à condition d'aimer construire et explorer, de préférence à plusieurs.

Ce qu'en disent les joueurs
Sur Steam, la réception est classée « très positives » : 88 % d'avis positifs sur 321895 avis, et 89 % sur les 30 derniers jours. La presse suit : IGN donne 9/10 à la version PC, Metacritic affiche 86/100 sur 12 critiques, et Shacknews comme GamingBolt mettent 8/10, avec des réserves sur la narration, le rythme et l'optimisation.
Les joueurs saluent la liberté de bâtir des bases complexes et de les modifier durablement. L'atmosphère de l'île, les grottes et les saisons reviennent aussi souvent, tout comme la coopération qui rend la collecte et la construction plus drôles. Les ennemis et les compagnons produisent parfois des situations imprévisibles.
Les critiques sont tout aussi constantes. Des crashs fréquents, des pertes d'objets et des problèmes de synchronisation en coopération sont signalés, et le jeu tourne difficilement sur certaines machines, même chez ceux qui le recommandent. L'histoire est décousue et se sépare de la boucle de survie. L'intelligence artificielle impressionne dans certaines scènes, mais elle reste incohérente ou exploitable dans d'autres.
Le jeu est sorti d'accès anticipé le 22 février 2024 et il est bien plus complet qu'à son lancement en 2023. Le rythme des mises à jour majeures a ralenti depuis, et la communauté s'agace du silence d'Endnight : ni calendrier de contenu ni version console ne sont annoncés.

Points forts et points faibles
Points forts
- La construction modulaire laisse une grande liberté : cabanes, plateformes, pièges et défenses s'agrandissent et s'améliorent tout au long de la partie.
- Les grottes très sombres et les nuits créent une tension réelle, qui alterne avec des moments absurdes entre amis.
- La coopération répartit la collecte, la construction et l'exploration, et rend les bases chaotiques drôles.
- L'île change avec les saisons, et son rendu (végétation dense, éclairage, son) soutient l'ambiance.
- À 8,40 €, sans microtransactions, le prix rend l'essai sans risque.
Points faibles
- Les crashs, les pertes d'objets et les problèmes de synchronisation en coopération abîment certaines sessions.
- L'optimisation est inégale, y compris sur des machines proches de la configuration recommandée.
- Le scénario est décousu et mal intégré à la boucle de survie, et il plafonne une fois les grands lieux découverts.
- Les grandes constructions et l'équipement avancé réduisent la pression de survie, ce qui rend la fin de partie répétitive.
- Les mises à jour ont ralenti, sans calendrier ni version console annoncés.
Pour qui ?
Le jeu s'adresse d'abord aux groupes d'amis qui veulent un jeu de survie coopératif avec de la construction et une dose d'horreur. Les amateurs de survival-crafting qui aiment bâtir, ranger leurs ressources et descendre dans les grottes y trouveront de quoi occuper de longues soirées. Les fans de The Forest retrouveront leurs marques, avec plus de matière.
Il faut passer son chemin si l'on cherche une histoire dense ou une campagne très guidée : Subnautica propose une narration environnementale plus cohérente. Les joueurs qui veulent un titre totalement stable dès la première heure risquent aussi de s'agacer des crashs et de l'optimisation.

Le verdict
Sons Of The Forest est l'un des meilleurs jeux de survie à plusieurs : la construction modulaire laisse une grande liberté, et les grottes sombres créent une tension qui alterne avec les situations absurdes entre amis. Les crashs, les pertes d'objets et l'optimisation inégale existent, tout comme un scénario décousu. À 8,40 €, l'essai se fait sans risque pour un groupe qui aime bâtir une base et descendre sous terre ensemble. À recommander, avec une réserve pour ceux qui attendent une stabilité totale dès la première heure.
Retrouvez Sons Of The Forest sur sa fiche Steam officielle.

