NetEase et Joker Studio ont ouvert les portes de Sea of Remnants lors d’une session de cinq heures sur PC. Loin d’être un clone multijoueur de Sea of Thieves, ce RPG free-to-play mise sur une expérience solo narrative dans un univers de pirates fantasy. Le studio assume une approche radicalement différente du titre de Rare.
L’essentiel
- Sortie : 2025 (date précise non communiquée)
- Modèle : Free-to-play
- Plateformes : PC confirmé
- Multijoueur : Absent au lancement, ajouté ultérieurement
- Monde ouvert : 256 km² avec plus de 15 îles
- Saisons : Cycles de 10 semaines
Une aventure narrative, pas un bac à sable en ligne
Joker Studio l’affirme d’emblée : « Il y a une énorme différence entre les deux titres en termes d’expérience de jeu ». Sea of Remnants se construit autour d’un récit où le joueur incarne un marin amnésique cherchant à rejoindre la mythique "Sea of Remnants", un lieu au-delà de la lune promettant les plus grands trésors.
Le prologue démarre dans "The Quiet Sea", zone maudite volant la mémoire aux aventuriers. Direction ensuite Orbtopia, principale ville de pirates, pour mener l’enquête. Plus de 400 PNJ peuplent cet univers, dont une quinzaine disposent d’arcs narratifs dédiés accessibles via des quêtes. Innis, chef de produit, précise : « Que ce soit de manière très chaotique ou très ordonnée, c’est au joueur lui-même de décider [la façon dont il régit le monde qui l’entoure]. Nous voulons [lui] laisser cette option ».
Le système de réputation promis influence les routines des PNJ selon les actions du joueur. Chaque île propose ses énigmes environnementales, mini-jeux et défis de combat. Un système de coursier permet d’envoyer ses trésors à Orbtopia automatiquement, limité à un nombre quotidien d’utilisations pour préserver l’intérêt du risque.
Combat stratégique sur terre, action temps réel en mer
Les affrontements terrestres adoptent le tour par tour tactique. Chaque membre d’équipage dispose de capacités propres à sa classe, évolutives par niveau. Une mécanique de lancés de dés ajoute une variable aléatoire : selon le résultat, certaines attaques bénéficient de bonus, reflétant la superstition des pirates.
En mer, le gameplay bascule en temps réel pour les batailles navales contre des créatures titanesques. La présentation d’un combat de boss révèle une structure en phases multiples : affrontement en bateau contre des tentacules, séquence sous-marine avec acrobaties et QTE, retour sur les flots pour le climax. La bande-son s’adapte dynamiquement, alternant rock, classique et métal selon l’intensité de l’action.
La navigation elle-même reste simplifiée : monter à bord, presser la gâchette, pousser le joystick. Aucune gestion individuelle des éléments du navire contrairement à Sea of Thieves. Joker Studio assume cette accessibilité, privilégiant le spectacle à la simulation.
Free-to-play : entre promesses et vigilance
Innis détaille la philosophie monétaire : « Lorsque nous concevons notre contenu payant, nous voulons respecter un principe : les joueurs ne doivent payer que lorsqu’ils aiment vraiment quelque chose, lorsqu’ils sont vraiment prêts à le faire de leur plein gré ». Le recrutement de pirates légendaires sera possible via argent réel, monnaie in-game ou progression dans les quêtes.
Pour chaque contenu payant de haut niveau, un équivalent gratuit sera proposé selon le studio. Cette parité vise à éviter le pay-to-win lors de l’arrivée du multijoueur. Le modèle ne s’est montré nullement intrusif durant la session de preview, mais la prudence s’impose : les dérives des jeux-service émergent généralement sur la durée et au fil des saisons.
Performances techniques en cours d’optimisation
Le style graffiti et l’esthétique romantico-punk séduisent immédiatement. Les effets visuels et palettes colorées flattent la rétine, mais la build testée présentait des bugs résiduels et ralentissements occasionnels. Rien d’alarmant pour une version en développement, mais l’optimisation reste un chantier prioritaire.
Un concurrent indirect à Sea of Thieves
Là où Rare construit une expérience immersive multijoueur autour de la gestion minutieuse d’un navire et du risque permanent face aux autres joueurs, Sea of Remnants propose une alternative solo narrative accessible. Les 256 km² d’océan se parcourent sans la tension du PvP, remplacée par des énigmes, des récits scénarisés et des boss spectaculaires. Les deux titres partagent l’univers pirate, mais divergent totalement dans leur intention de design.
La sortie progressive du contenu multijoueur devrait clarifier le positionnement final du titre sur un marché où les jeux-service pirates restent rares mais exigeants.
Les prochaines communications de Joker Studio préciseront la fenêtre de sortie 2025 et détailleront l’implémentation concrète des fonctionnalités en ligne post-lancement.
